Comme un vélo à Beijing

Il nous aura fallu 24 h pour traverser la Chine du Sud au Nord et passer de Hong Kong à Beijing en train. Une journée de voyage, seulement. Pourtant, sous de nombreux aspects, c’est un siècle au moins qui sépare les deux mégapoles plus ou moins chinoises. Le temps modifie, normalement, les villes, chaque période ajoutant sa trace, se juxtaposant à celle passée et c’est ce qui fait (pour moi en tous cas) le charme des grandes villes. C’est particulièrement visible en Chine où de vieux temples se perdent dans l’ombre d’un gratte-ciel, où les marchands de rue se faufilent dans les interstices laissés libres par les multiples voies encombrées, où les ensembles urbains, sombres héritiers de l’architecture soviétique, déforment les banlieues et frôlent les remparts de la vieille ville.

A Beijing cependant le temps (et son gouvernement) n’a pas transformé la ville, il l’a effacé, il a gommé des pans entiers de vie laissant par ci par là quelques ilots d’histoire, merveilles restaurées, conservées dans le formol, à destination du tourisme. Autour de ces ilots, une mer de trottoirs vides, des fleuves de routes à 4 ou 6 voies finalement peu encombrées. Seuls les vélos et les mobylettes qui circulent en flot continu témoignent d’une vie locale.

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Temple des Lamas, Dongcheng, Beijing

Néanmoins si la vie locale est éparse, il ne faut pas chercher bien loin pour rencontrer la foule. Celle-ci se masse dans les trois lieux de la Chine impériale. La cité interdite trône au centre de la ville entourée de ses douves. Ce ne sont plus les gardes impériaux qui empêchent le chaland d’entrer mais les portiques, les détecteurs de métaux et autres check points : pas moins de trois entre la sortie du métro et l’entrée réelle du complexe palatial. « La  Chine se donne rendez-vous tous les jours à la cité interdite » nous a dit un étudiant belge venu filmer la disparition des hutongs de Beijing. Et en effet, les 80 000 billets en vente chaque jour sont épuisés à midi. Il faut dire que l’ensemble est impressionnant, même si pour notre part on a préféré ce qu’on appelle « la petite cité »,  un enchevêtrement de petites maisons et cours intérieures, lieux de résidences des concubines, ville dans la ville dans la ville….

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Salle de l’harmonie suprême (rien que ça!)- Cité interdite. La magie de la photographie cache un peu la foule massée derrière les remparts en marbre des terrasses

Au complexe palatial protégé comme le dernier vase Ming, il faut rajouter le temple des Lama (ancienne demeure de l’empereur Yong Zheng) et le palais d’été pour avoir l’ensemble du parcours. Le soir cette foule se masse sur Wangfujing Diaje, les champs Elysées locaux, l’unique grande artère commerçante de la capitale qui offre nourriture de rue d’un coté et Rolex, Cartier, Jaeger Lecoultre, Gap et Zara de l’autre. Rien d’accessible aux familles en vacance qui font du lèche-vitrine, une brochette de boulette de sésame à la main.

Pour trouver les quelques 20 millions d’habitants de la capitale il faut se perdre dans les hutongs, ces quartiers traditionnels qui sont à la fois lieu de vie, de commerce, d’habitations. Ces petites maisons grises qui ne disposent pas toutes d’eau courante et encore moins de sanitaires. L’odeur des toilettes publiques est omniprésente surtout en fin de journée. Et pourtant on croise là des vieux jouant aux cartes ou aux dominos sur des tabourets en plastique, des enfants qui se promènent dans la rue une glace à la main (l’école n’a repris qu’aujourd’hui en Chine), des jeunes qui vont au travail à vélo, ceux de tout âge qui utilisent leur mobylette pour transporter tout et n’importe quoi et les cadres, la classe moyenne qui émerge qui tente maladroitement et au ralenti de faire passer ses grosses berlines dans les rues étroites et poussiéreuses.

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Une des deux rues rénovées des hutongs. Les vélos et les maisons grises sont toujours là mais les rues sont goudronnées et il y a des Coffee Bar

Beijing nous laissera un souvenir mitigé. Cinq jours sont à peine suffisants pour visiter tout ce qu’il y a à voir (je n’ai pas parlé ici de la muraille de Chine accessible depuis Beijing mais cela fait évidemment parti du « Must do ») et pourtant il reste une impression de vide, d’abandon, un peu comme ce vieux vélo rouillé au coin d’une rue. (Il fallait bien trouver un rapport avec l’image du début ! )

Ce qu’on a aimé :

  • Loger et se ballader le soir dans les hutongs pour être au cœur de la vie de Beijing
  • La cité interdite (mais il faut y aller de bonne heure pour avoir des billets), le temple des Lamas, la muraille de Chine, le musée national de Chine (Antiquité)
  • Flâner et manger des churros dans les rues un peu « bobos »  de Nanluong Xiang et Wudaoying hutong (très bon restau vietnamien au début de la rue en venant de l’ouest)
  • Les petites cantines dénichées un peu par hasard pour manger des dumplings
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Un des dragons du mur aux neufs dragons, Cité interdite, Beijing

Ce qu’on a moins aimé :

  • La pollution le premier jour ( on a encore une fois eu beaucoup de chance, la pluie est tombée le premier soir et la pollution avec. Quatre jours de beau temps avec une petite brise le soir… topissime)
  • Les taxis qui ne s’arrêtent pas (Apparemment c’est une habitude à Beijing. Les taxis ne s’arrêtent pas même pour les locaux…. Si quelqu’un a une explication on est preneur, les chinois eux même n’en ont pas !)
  • Le paradoxe de Beijing : les rues vides et l’impression parfois d’être dans une ville fantôme / la foule qui pousse pour entrer dans la cité interdite.
  • Les grilles partout et les points sécurité devant la cité interdite et le musée national
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Premier jour à Beijing, place Tian’anmen

4 commentaires sur “Comme un vélo à Beijing

  1. Sur la place Tien’Tien’Anmen je me souviens d’un truc étrange, il y avait des check point avec fouille pour les chinois mais pas pour les touristes, on avait trouvé ça étrange. Sinon Beijing m’avait do ne l’a même impression que toi

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    • Là les fouilles c’était pour tout le monde, tous les 500 mètres. Mais le pire je crois ce sont vraiment les barrières… Y en a partout. A la fin ça nous faisait marrer avec les gamins mais c’est quand même un truc de dingue…. Bizarre cette ville, je comprends ce que tu voulais dire par austère et merveilleuse… C’est l’opposé de Shanghai et Hong Kong…. Tout va bien en Bretagne sinon? On prend le train demain à 9h, pour Pingyao (on est à Datong là) alors on va aller se coucher nous…. Gros Bizoux !

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  2. Bonjour

    J adore vos articles , vraiment top tous les voyage que vous avez fais 😉

    Nous allons partir à pekin bientôt et j aimerai juste savoir si je peux trouver tout se qu’il faut pour ma petite , comme des couches etc ?

    Merci.

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    • Bonjour,
      Merci beaucoup pour votre commentaire. A Beijing (Pekin) vous trouverez tout ce qu’il faut dans les grandes surfaces et pharmacie : couches, petits pots etc…. Juste un conseil prenez un hôtel dans le centre, les taxis c’est vraiment galère dans cette ville !
      Vous ne faites que Beijing ou vous allez rayonner?
      Bon séjour
      Elena

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